VAE Aide SoignantVAE APPublié le 30 septembre 2026Mis à jour le 2 octobre 2026Par Equipe Bleu Education

Ergonomie et manutention en VAE Aide-Soignant (et AP) : ce qu'attend le jury à l'activité 5

Ergonomie et manutention en VAE Aide-Soignant (et AP) : ce qu'attend le jury à l'activité 5

Ergonomie, ce n'est pas juste faire attention à son dos : c'est une compétence évaluée par le jury dans l'activité 5 du Livret 2, aussi bien en VAE Aide-Soignant qu'en VAE Auxiliaire de Puériculture. Emilie Dezandez, infirmière diplômée d'État, membre de jury et accompagnatrice VAE chez Bleu Education, détaille les bons gestes, les aides techniques à connaître selon le GIR du patient, et les erreurs qui reviennent le plus souvent dans les dossiers de candidats.

Ergonomie : une compétence clé de l'activité 5, trop souvent sous-estimée 🎯

D'après Emilie Dezandez, infirmière diplômée d'État, membre de jury et accompagnatrice VAE, l'activité 5 du Livret 2 met régulièrement les candidats en difficulté — non pas parce qu'ils ne savent pas faire les bons gestes au quotidien, mais parce qu'ils manquent des termes techniques appropriés pour les décrire à l'écrit et à l'oral.

L'ergonomie, c'est un ensemble de principes qui permet d'adapter son travail à la personne accompagnée — résident, bénéficiaire ou patient — pour préserver sa santé, sa sécurité et son efficacité. Ses objectifs : prévenir les accidents et les douleurs, limiter la fatigue, assurer le confort et la sécurité du patient, et améliorer la qualité des soins.

Les troubles musculosquelettiques (TMS) qui guettent les soignants ⚠️

Les métiers du soin exposent particulièrement aux TMS, en raison des transferts de patients, des manutentions répétées, des postures contraignantes et des gestes répétitifs. Les zones les plus touchées : le cou (tensions, douleurs cervicales), les épaules (coiffe des rotateurs), le haut du dos (tensions musculaires, raideurs), les coudes et avant-bras (tendinites), le bas du dos (lombalgies), les poignets et mains (tendinites, syndrome du canal carpien), les genoux et les chevilles.

Les conséquences d'une mauvaise ergonomie : douleurs chroniques, fatigue, risque d'arrêt de travail, baisse de la qualité de vie au travail — et à terme, un risque de burn-out si rien n'est fait.

Avant, pendant, après le soin : les bons gestes à adopter 🧍

Avant le soin : préparer le matériel, dégager l'espace pour limiter le risque de chute, régler la hauteur du lit à la hauteur des hanches du soignant, et expliquer le soin au patient.

Pendant le soin : garder le dos droit, plier les genoux plutôt que le dos, rapprocher la charge de son corps, écarter les pieds pour un bon équilibre, ancrer ses pieds au sol, éviter les torsions du tronc et utiliser le poids du corps plutôt que la force des bras.

Après le soin : ranger le matériel et signaler toute difficulté rencontrée — un point à ne pas oublier dans la rédaction de l'activité 5.

Avant tout transfert, une petite checklist s'impose : vérifier l'identité du patient, évaluer son état de santé et son niveau d'autonomie, s'assurer qu'il comprend les consignes, vérifier que le fauteuil et le matériel sont en bon état, mettre les freins du lit et du fauteuil, retirer les obstacles autour du lit, et prévoir le matériel adapté au GIR du résident.

Les aides techniques à connaître (et à choisir selon le GIR) 🛠️

Chaque aide technique répond à un besoin précis : le lève-personne pour une personne qui ne peut pas se tenir debout ou participer au transfert, le verticalisateur pour une personne qui peut prendre appui sur ses jambes, la ceinture de transfert pour sécuriser un patient qui participe activement, le drap de glisse pour repositionner sans soulever, le déambulateur pour sécuriser la marche d'une personne à l'équilibre fragile, la canne pour un léger trouble de l'équilibre, et le fauteuil roulant lorsque la marche est impossible ou limitée.

Le choix de l'aide technique s'appuie sur la grille AGGIR, qui donne une indication du niveau de dépendance de la personne (du GIR 1, dépendance totale, au GIR 6, autonomie complète). Mais le GIR seul ne suffit jamais :

« Le choix doit toujours être adapté aux capacités motrices, cognitives et médicales de la personne ainsi qu'à son environnement. »
— Emilie Dezandez, IDE et accompagnatrice VAE

D'où l'importance du travail en équipe pluridisciplinaire — kinésithérapeutes, ergothérapeutes — pour croiser les observations avant de choisir une aide technique.

Les erreurs à ne jamais commettre ❌

  • Soulever un patient seul lorsqu'une aide est nécessaire
  • Travailler avec un lit trop bas ou trop haut
  • Tourner le dos ou le buste en portant une charge
  • Se pencher longtemps en avant
  • Tirer un patient par les bras
  • Réaliser un transfert sans avoir préparé le matériel

Utile pour la VAE AS ET la VAE AP : ce qui change (et ce qui ne change pas) 🤝

Bonne nouvelle pour les candidats en VAE Auxiliaire de Puériculture : cette activité concerne aussi bien la VAE AS que la VAE AP. La posture — dos droit, genoux fléchis, pieds ancrés au sol, pas de torsion du tronc — est strictement identique pour les deux diplômes. Seule différence notable : le réglage du lit. Les lits pour enfants ne se règlent généralement pas en hauteur comme les lits médicalisés des VAE AS.

Un parallèle éclairant fait par Emilie Dezandez avec les candidats en VAE AP :

« Quand vous installez un enfant sur une chaise, s'il ne touche pas les pieds par terre, c'est une VEO, une violence éducative ordinaire. Vous êtes obligé de mettre un petit support pour qu'il puisse avoir les pieds au sol. »
— Emilie Dezandez, IDE et accompagnatrice VAE

Même logique de sécurité et de confort, donc, que le réglage de la hauteur du lit côté VAE AS. Pour la rédaction de l'activité 5, les TMS se décrivent de la même façon pour les deux VAE ; seule la formulation de la "sécurité physique" change : celle du patient en VAE AS, celle de l'enfant en VAE AP.

Les bénéfices, pour le soignant comme pour la personne accompagnée 💙

Pour le soignant : moins de douleurs, moins d'accidents du travail, moins de fatigue, une meilleure qualité de vie au travail. Pour le patient ou l'enfant accompagné : une sécurité renforcée, un confort amélioré, le respect de son autonomie, et une diminution du risque de chute — y compris du syndrome de glissement.

« Le bon geste n'est pas celui qui demande le plus de force, mais celui qui utilise la bonne technique. L'ergonomie protège le soignant, sécurise le patient et améliore la qualité des soins. »
— Emilie Dezandez, IDE et accompagnatrice VAE

La fiche récap : 10 principes essentiels à retenir 📋

  1. Préparer le soin : anticiper le matériel, dégager l'espace
  2. Informer le patient : expliquer le soin, encourager sa participation
  3. Régler la hauteur du lit (à la hauteur des hanches du soignant)
  4. Adopter une bonne posture : dos droit, courbures naturelles de la colonne
  5. Fléchir les jambes plutôt que le dos
  6. Élargir son polygone d'appui : pieds écartés, ancrés au sol
  7. Rapprocher la charge du corps
  8. Éviter les rotations du tronc : tourner avec les pieds, pas avec le dos
  9. Utiliser les aides techniques adaptées
  10. Travailler en équipe pluridisciplinaire et demander de l'aide si nécessaire

Un dernier repère facile à retenir : le mot PROTEGER — Préparer le soin, Régler la hauteur du lit, Observer les capacités du patient, Tourner avec les pieds, Écarter les pieds, Garder le dos droit, Employer les aides techniques, Respecter ses limites.

📝 Envie de garder tous ces repères sous la main ?
Recevez votre fiche récap sur l'ergonomie au cœur du soin :

  • Les 10 principes essentiels à appliquer sur le terrain
  • Les erreurs qui mettent votre dos (et le patient) en danger
  • Les bénéfices concrets, pour vous comme pour le patient
  • Le mot-clé P.R.O.T.E.G.E.R pour tout retenir d'un coup d'œil

👉 Recevoir la fiche mémo de l'atelier

Découvrez en vidéo le replay de cette thématique

Accompagnement VAE

Envie de faire reconnaître votre expérience ?

Découvrez notre accompagnement VAE dédié aux métiers du médico-social et de la petite enfance.

Découvrir l'accompagnement VAE

À lire aussi