
Dans la VAE EJE, le livret 2 repose entièrement sur l'analyse de situations professionnelles vécues. Ce n'est pas une dissertation, pas un CV détaillé, pas une liste de tâches. C'est la démonstration que vous maîtrisez les 8 blocs de compétences du référentiel — à travers des expériences concrètes que vous avez réellement vécues sur le terrain.
Et c'est là que beaucoup de candidats se trompent : ils choisissent leurs situations un peu au hasard, ou parce qu'elles sont « marquantes », sans vérifier qu'elles couvrent bien les compétences attendues par le jury.
Dans cet atelier animé par Marie-Ange Benneian — éducatrice de jeunes enfants, accompagnatrice VAE et jury DEEJE — vous découvrez exactement comment faire les bons choix. Et pourquoi ça change tout.
Avant de choisir vos situations, il faut avoir une idée très claire de ce que le jury attend d'un EJE. Marie-Ange Benneian l'explique d'emblée : l'Éducateur de Jeunes Enfants est un travailleur social, pas un auxiliaire de puériculture centré sur le soin.
Sa spécificité ? L'observation, le développement de l'enfant (0-7 ans), la conception et l'évaluation de projets, la coordination d'équipe, et le soutien à la parentalité. Vos situations doivent refléter cette posture professionnelle — et non simplement décrire des gestes du quotidien.
Conséquence directe sur le choix de vos situations : une situation de change ou de repas seule ne suffit pas. Elle n'a de valeur que si vous analysez ce qu'elle révèle de votre observation de l'enfant, de votre lien avec les parents, ou de votre inscription dans le projet éducatif de la structure.
Le jury valide votre diplôme bloc par bloc (8 blocs de compétences). Mais il ne faut surtout pas rédiger votre livret 2 en traitant les blocs les uns après les autres.
La bonne approche, conseillée par Marie-Ange Benneian : entrer par vos fonctions et activités professionnelles. Décrivez ce que vous faites réellement dans votre travail, et montrez comment ces situations permettent de démontrer la maîtrise des 8 blocs — naturellement, sans les plaquer artificiellement.
Autrement dit : une même situation bien choisie peut couvrir plusieurs blocs à la fois. C'est ça, l'efficacité du livret 2.
💡 Conseil de jury : le jury ne cherche pas à vous piéger sur vos connaissances théoriques. Il veut vérifier l'authenticité de votre expérience et votre capacité à prendre du recul sur votre propre pratique.
Marie-Ange Benneian donne des critères très concrets pour sélectionner les bonnes situations :
Choisissez des situations qui se complètent, pas qui se répètent. L'objectif est de couvrir les différentes fonctions de l'EJE et les 8 blocs sans analyser deux fois le même angle. Par exemple : une situation centrée sur l'accueil individualisé d'un enfant + une situation de projet collectif + une situation de lien avec les familles.
Le jury attend que votre contexte réglementaire soit à jour. Une expérience datant de plus de 10 ans est moins pertinente qu'une pratique actuelle. Les lois, les référentiels et les pratiques professionnelles évoluent — votre dossier doit le refléter.
Le livret est structurellement limité à 3 situations par expérience. C'est voulu : cela oblige à la synthèse et à la sélection des situations les plus représentatives de vos compétences.
La recommandation est un livret de 90 à 110 pages, annexes incluses. Un document trop volumineux risque de décourager la lecture du jury — ce qui serait dommage après tout ce travail.
Choisir une bonne situation ne suffit pas. Il faut l'analyser de façon réflexive — et c'est souvent là que les candidats décrochent.
Marie-Ange Benneian insiste sur un point fondamental : le livret 2 n'est pas une description de ce que vous faites, c'est une démonstration du comment et du pourquoi.
Pour chaque situation, posez-vous ces questions :
L'équilibre à trouver : assez de description des faits pour que le jury comprenne le contexte, mais l'essentiel du texte doit être consacré à l'analyse réflexive.
⚠️ Erreur fréquente : penser maîtriser une compétence parce qu'on la pratique depuis longtemps, sans jamais l'avoir analysée. La VAE, ce n'est pas « je fais ça depuis 10 ans » — c'est « voilà pourquoi et comment je le fais, et ce que ça produit ».
Les annexes sont vos preuves tangibles de pratique professionnelle. Mais attention : elles n'ont de valeur que si elles sont directement liées aux situations analysées dans votre livret.
Joindre un projet d'établissement de 40 pages pour « faire du volume » ne sert à rien — et risque même d'agacer le jury. La règle : chaque annexe doit être citée et expliquée dans le corps du texte.
La démonstration des compétences liées à la coordination d'équipe peut être plus complexe pour les assistantes maternelles travaillant à domicile. Le conseil : valoriser d'autres expériences complémentaires (associations, MAM, immersions professionnelles) pour couvrir ces aspects.
Une immersion de quelques jours est trop courte pour faire l'objet d'une situation complète dans le livret. Mieux vaut en faire mention dans votre présentation orale ou vos motivations, sans en faire une analyse à part entière.
Une fois votre dossier déposé, pensez à le soumettre au moins 3 semaines avant la date limite — pas à la dernière minute. Le volume de dossiers traités par les jurys (notamment en Île-de-France) peut retarder votre convocation si vous déposez trop tard.
Pour connaître les dates de jury dans votre région, contactez l'ASP au 08 09 540 540 ou consultez le site réussir-la-vae.fr.
Vous souhaitez être accompagné(e) dans la rédaction de votre livret 2 VAE EJE ? Bleu Education vous guide de A à Z.
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